onsen-sur-loire

Comment fabriquer, à partir de la Loire et de son ecosystème, une expérience capable de renouveler notre manière de nous relier au fleuve ?

zone choisie ensemble pour établir notre camp de base pour les recherches et l'expérience future - l'une des grèves de fossiles sur l'île nommée Madagascar - Cosne-sur-Loire
grève de fossiles en direction de la Loire

2026 - 20XX / sculpture + installation + performance

Pour lancer l'aventure Onsen-sur-Loire, Anne Chaniolleau, Dove Perspicacius, Benoît Verjat, Katherine Ball, Claire Boitel et Alexis de Raphelis se sont retrouvé·es pendant une semaine de recherche-création. Pensée comme un laboratoire à échelle 1, cette immersion fut l'occasion d'éprouver, en travaillant uniquement avec des matières de rencontre, ce que pourrait être une expérience collective liée à la Loire et son écosystème. À la croisée de la sculpture, de l'installation et de la performance, nous avons esquissé par les gestes et la présence des corps les contours d'une connexion sensible, pour rencontrer autrement le fleuve et se laisser traverser par son cours et son histoire.

Benoît et la présence de la Loire
Anne et Dove en pleine fouille de vase
Katherine et Alexis démarrent le trou du futur bain !
Dove filtre la terre après décantation
Anne aussi...
deux types de terre et vase récoltées (bord et Loire et alentours)
Benoît tracte Katherine avec un linge à contre-courant
le drap du soin noué
le bain et ses accès prennent forme
Katherine et Alexis éprouve le lieu du soin avant la baignade... le corps s'y enfonce tout doucement !
Klink, l'ami du fleuve
un vrai totem intestinal !

Puis est venu le temps de faire converger toutes les pistes vers l’expérience de fin de semaine. La création s’est alors accélérée dans une dynamique organique, à tâtons mais portée par une énergie commune : confectionner une sorte de serpent de fleuve pour aspirer l’eau de la Loire selon une chorégraphie collective et ajustée ; façonner à plusieurs les ex-voto ainsi que le radeau qui les emportera pour un voyage enflammé au fil de l'eau ; composer un soin à quatre mains où la pierre et le fossile viennent déposer leur mémoire sur le corps. Dans le même temps, nous avons imaginé les motifs gravés sur les serviettes, moulé des tampons pour les tatouages sur peau, poursuivi la filtration de la terre et façonné, touche par touche, la scénographie du bain et de ses abords. Un faire ensemble empirique, vibrant, où chaque geste a contribué à dresser le décor du rituel à venir.

Dove récolte de la renouée pour le futur radeau
Claire, Anne et Dove confectionnent le radeau pour les ex voto
mise à l'eau du radeau !
Dove a décroché le pompon
essai de motif avec les deux couleurs de terre
emprunte avec un tampon
la transformation est proche
confection de tampons en terre crue
façonnage des ex-voto avec la terre de récolte

21 juin - Quand le soleil s’est mis à décliner, nous nous sommes rassemblé·es sur la grève de fossiles, là où le fleuve dépose ses histoires depuis le Jurassique supérieur.
Là, chacun·e s’est laissé·e guider par le regard et le toucher pour ramasser quelques pierres, en prenant le temps de les observer et d'éprouver leur forme, leur couleur, leur texture...

Après la collecte, direction la Loire vers des draps blancs étalés sur des lits de végétaux. Là, par trios, s'est déployée l'expérience du soin : une personne allongée, remise à la présence attentive des deux autres. Un temps suspendu pour s'échapper de soi, rythmé par la chaleur des pierres déposées sur le corps, les courants d'air crées par le mouvements des serviettes peintes, et le glissement du sable allant et venant au cœur des tiges de renouée.

Puis le cercle s’est resserré autour du bain. On y a mis de nouveaux végétaux avant d’y positionner les grands draps chargés des soins précédents. C’est alors qu’a commencé la chorégraphie du serpent : une suite de gestes synchronisés pour tenter de puiser l'eau de la Loire et remplir le bassin. Même si l'eau n'a pu le remplir tout à fait, s’y retrouver immergé un instant, le corps maintenu sous le niveau réel du fleuve, a provoqué un vertige troublant, la sensation première d'une renaissance au creux de son lit.

À mesure que la pénombre s'installait, les gestes se sont tournés vers les tatouages. D'un corps à l'autre, les tampons ont imprimé des motifs répétés, mais aussi des formes tracées à la main comme autant d'empreintes pour échapper, un instant, à sa condition initiale. Mais la nuit nous a enveloppé·es de plus en plus profondément, arrêtant le geste là où la lumière s'éteignait.

Dans l'obscurité désormais installée, chacun·e a choisi ses ex-voto selon ses intuitions, pour y déposer une pensée intime. Ces objets de terre crue ont trouvé leur place sur le radeau, avant que nous n'y mettions collectivement le feu au milieu du fleuve. En brûlant, l'embarcation s'est arrachée à sa base puis à lentement dérivée, portée par le courant et suivie de près, dans la nuit, par les silhouettes de Dove et Katherine.

Un grand merci à Karine, Medhi, Aurore, Françoise et Mathieu d'avoir participé à cette première expérience avec nous.

vue de loin de la grève de fossiles et l'accès à la Loire pour l'expérience
fossilehenge du solstice d'été
collecte de pierres
Katherine reçoit un soin de la part de Françoise et Alexis
démarrer tous ensemble le mouvement du serpent pour Dove et Claire
se baigner sous le niveau de la Loire - renaître
instruments, tampons, pinceaux...
les petits volcans de vase pour les tatouages
Anne, Alexis et Dove s'empressent de recouvrir Mathieu
Katherine peinte par Claire
le dos d'Aurore, peint par Benoît
chacun·e choisit un ou plusieurs ex-voto
déposer les ex-voto un à un sur ce petit radeau de fortune
Dove et Alexis enflamment le radeau-bouée
Dove, Katherine et Alexis - procession au fil de l'eau pour accompagner le radeau chargé d'ex-voto

La prochaine étape s'écrira au cœur de l'hiver, lorsque le fleuve prend d'autres teintes et impose un nouveau rythme. Cette nouvelle traversée sera l’occasion de faire mûrir nos recherches et de déplacer l’expérience. Nous y explorerons notamment la possibilité d'un bain de sable chaud. La recherche sur les ex-voto s’approfondira elle aussi, nourrie cette fois par la collecte d'histoires, de souvenirs et de récits locaux glanés avec les habitants. Pas à pas, en laissant chaque saison déposer ses empreintes, nous faisons évoluer les gestes, les formes et les soins. C’est par cet enrichissement organique, que l'expérience prendra progressivement corps pour s'inscrire durablement au fil de la Loire et de son évolution.

La majeure partie des photos ont été prises par Benoît Verjat :)
Autres contributions : Claire Boitel, Dove Perspicacius, Anne Chaniolleau et Alexis de Raphelis.

Ce projet est soutenu par la Région BFC et l'association 47-2